Les adeptes de la sieste devraient surveiller leur coeur

Les adeptes de la sieste devraient surveiller leur coeur.

La sieste est bénéfique pour la santé, notamment en cas de dette de sommeil, sous réserve que sa durée et son horaire soient adéquats. Plusieurs études épidémiologiques se sont intéressées à l’association entre la sieste réalisée en milieu de journée et le risque de coronaropathie, avec des résultats parfois contradictoires. Ce risque a été réévalué de façon prospective, au sein d’une population non méditerranéenne de l’Europe de l’ouest, grâce à la cohorte de l’étude Heinz Nixdorf Recall. Entre 2000 et 2003, 4 123 participants, originaires de 3 villes allemandes, âgés de 45 à 75 ans et dont 53% étaient des femmes, ont été évalués annuellement à l’aide de questionnaires et divers examens cliniques. Ils étaient en particulier interrogés sur leur sommeil (durée et présence de troubles du sommeil) ainsi que sur la fréquence hebdomadaire de leurs siestes (< 1, 1-4, 5-6/semaine ou quotidienne) et leur durée (≤ 1 h ou > 1 h). Ainsi, ils étaient 16,3% à rapporter des siestes régulières (5-6 ou 7/semaine), et parmi ces derniers, seuls 15,6% faisaient de longues siestes (> 1 h). La sieste n’était pas corrélée à la durée rapportée de sommeil nocturne mais plutôt à la perception d’un mauvais état de santé ou d’une humeur dépressive. Le suivi des évènements cardiaques, tels qu’infarctus du myocarde non fatal et mort subite d’origine cardiaque, a duré en moyenne 8,1 ans. Les résultats ont été ajustés sur plusieurs facteurs de confusion, notamment des mesures de l’athérosclérose infra-clinique (score de calcification coronarienne et index de pression systolique). Au cours du suivi, 135 sujets ont souffert de problèmes cardiaques dont 81 infarctus et 54 cas de mort subite. Une sieste régulière et longue était significativement associée à un risque doublé d’évènements cardiaques, tant chez les femmes que chez les hommes. Des travaux ont été récemment consacrés aux mécanismes sous-jacents éventuels, comme par exemple les variations de pression artérielle au cours de la sieste, pour expliquer cette augmentation de risque, sans pouvoir apporter une réponse claire. L’effet de la sieste, et notamment de sa durée et des stades de sommeil, sur les paramètres cardiovasculaires et humoraux reste un sujet d’études toujours d’actualité.